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Shvoong Home>Books>Novels & Novellas>notre amour Review

notre amour

Book Review   by:litteratureetcuriosite     Original Author: roger peyrefitte
ª
This abstract was translated from Notre amour
 
Roger Peyrefitte plonge le lecteur dans une histoire d''amour passionnée et secrète, entre un adulte et un adolescent, l''un professeur, l''autre élève, définissant ainsi un amour pédéraste, dont le fil repose sur la culture de l''un et l''avidité concernant cette dernière de l''autre, que l''on peut qualifier aussi d''exceptionnel comme le traduit la citation : « au prime de ce visage, tous les êtres que j''avais aimés ou désirés étaient « sans visage » comme dit Platon; ils étaient sans regard, en comparaison. D''ailleurs, autres regards, je les avaient provoqués. Celui-là m''avait défié et conquis. »confie Peyrefitte. Cependant, bien qu''ils n''appartiennent pas au même établissement, ils se rencontreront, de manière providentielle.

« un sourire imperceptible semblait faire allusion à des secrets que nous avions déjà en partage »affirme l''auteur. Cette citation montre au lecteur la complicité déjà présente entre les deux personnages. Ce, avant leur rencontre. Cette oeuvre est imprégnée de sensualité également ne faisant qu''alimenter davantage la passion entre les deux amants, le parallélisme : « sa bouche vint au devant de la mienne. Son corps vint au devant de ma main. » met en évidence cet atout.

Hélas,cette amour connaîtra des hauts et des bas tels le montre la citation et la comparaison : « Notre amour a subi victorieusement une nouvelle crise. Il n''était pas mort, car il ne peut mourir; il gémissait sous une pluie de cendres et il resplendit maintenant à la lumière, comme Pompéi » bien que les crises ne seront pas toujours victorieuses. Par conséquent une fêlure, plusieurs fêlures apparaîtront, surgiront peu à peu dans cette oeuvre déséquilibrant ainsi le fil de l''amour des deux protagonistes.

L''une des premières fêlures? Quand l''enfant désire vivre son amour de façon omniprésente mais cela va imposer en fait une limite : « lorsqu''il m''avait exhorté à vivre entièrement notre amour, il avait senti d''avance que « mon travail m''interdisait cette vie-là ». Il avait oublié qu''il m''avait connu grâce à ce travail et son instinct me punissait de ne pas le lui avoir sacrifié. » Ces fêlures deviendront tranchantes et déterminatives petit a petit; des fêlures ayant pour causes des emprunts trop importants régissant conséquemment des mensonges trop révélateurs, des amitiés autres. Tel le montre ce refus de l''adolescent : « Je le priai de retirer ses lunettes. Il les ôta en renversant la tête, puis les remit. « Le soleil de Naples est si aveuglant! »dit-il. Les lunettes étaient le symbole du rideau de fumée qu''il y avait entre nous. »Ces fêlures iront même jusqu''au désespoir tel le montre cette similitude avec d''autres personnages: « Mais l''idée que j''aurais pu me tuer à cause de lui l''année dernière, me faisait dire: « Comme on a raison de ne pas se tuer! » Si Encolpe, dans son désespoir, dressa son lit contre le mur de sa chambre et se pendit avec sa ceinture, Giton survint à temps pour le sauver. J''envisageais d''autant moins de l''imiter que je n''aurais pas eu la même chance »avoua Peyrefitte.

Toutes ces fêlures engendreront le pire : ils se sépareront! Au fond, pourquoi? D''une part les mensonges et l''évolution des mentalités d''autre part ce désir de ne pas être pris dans la routine, dans l''usure de l''amour. Sentant déjà cette amour s''essouffler il fallait le rompre pour ne pas bafouer son souvenir, son idéal, sa spiritualité. En effet ,aprés cela l''adolescent affirmera par l''intermédiaire d''une lettre : « Je serais toujours seul puisque personne ne pourra jamais vous remplacer. [...] j''ai perdu l''objet de mon amour et j''ai perdu tout ce qui faisait que vous m''aimiez.[...] Ma vie ne sera plus que ce « pourquoi ?» Un mur qui nous sépare, d''autant plus infranchissable que c''est moi-même qui l''a construit. Pour vous je serai une ombre parmi d''autres ombres. Il faut qu''il en soit ainsi. » et l''auteur déclarera à son tour : « en lisant cette lettre, comme plus d''une fois en écrivant ce livre, je sentis sur mes joues les larmes, les  « vraies larmes », de notre amour. Et tous deux penseront : « Nous vivrons éloignés l''un de l''autre, croyant à l''Amour et sachant que nous n''avions plus personne à aimer ».

Pourtant des prises de conscience les laisseront sur de bons acquis: « Le mausolée du consul Plantius. L''inscription énumère ses titres et ses emphes. Elle a terminé par ces mots : « A vécu 9 ans. » Il ne laissait mémoire que des années où il avait été heureux... « Un an et plus de bonheur parfait... ! » C''est beaucoup dans le monde de l''amour impossible, et c''est presque un rêve? » L''auteur par la suite répondra à la lettre de l''adolescent, par téléphone, : « Tu m''as écrit la lettre que j''attendais... Tu m''as fait un immense plaisir... » Je prolongeait la résonance de ces paroles, où refleurissait notre amour. Je répétai : « Un immense plaisir... » Il me semblait entendu battre son coeur. Je comptai mentalement: « 1...2...3... », comme aux jours révolus de nos conversations au téléphone. Et je raccrochai l''appareil »termina l''auteur.

Peyrefitte achèvera cette oeuvre de manière tragique, montrant des personnages, romanesques, dignes des plus grandes histoires.
Published: June 04, 2008   
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